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L'Hospitalier
Esther et Arnaud devant le gîte illuminé au crépuscule, charpente bois et guirlandes en arrière-plan

Les hôtes

Esther & Arnaud

Infirmière reconvertie, ingénieur bâtisseur, deux enfants, trois ans de chantier.

L'origine

Guidés, sans savoir vers quoi

Ils cherchaient une maison. Pas une maison ordinaire, mais quelque chose d'ouvert, d'ancré, de généreux — un lieu qui ne rétrécirait pas la vie autour de lui.

C'est ici que ce quelque chose s'est trouvé : une propriété flanquée d'une dépendance attenante, un peu bizarre, mi-garage mi-logement. Ni belle ni évidente, et pourtant une évidence — de celles qu'on reconnaît dans les choix qu'on ne s'explique pas tout de suite.

Pour Esther, cette certitude tient à la foi : la conviction que certains chemins nous précèdent, que certains lieux nous attendent. Ils savaient que ce n'était pas un hasard, sans savoir encore de quoi il s'agissait. Et Saint-Antoine-l'Abbaye — village de pèlerinages depuis des siècles, lieu de soins et de passage — n'en était sûrement pas un.

La reconversion

Soigner, d'une façon ou d'une autre

À la naissance de leur première fille, Esther quitte son métier d'infirmière. Derrière elle, des années passées à prendre soin, au sens le plus concret du terme. Elle l'aimait, ce métier — mais elle voulait, désormais, être là autrement.

Une idée prend forme : faire de cette dépendance un lieu d'accueil, pensé pour offrir du répit, aux aidants comme aux aidés — une façon de continuer à soigner, différemment. Mais les règles en ont décidé autrement. Alors le projet mue lentement, au fil des travaux, jusqu'à devenir un gîte.

Le chantier

Ce que les mains ont bâti

Ingénieur en génie industriel, Arnaud avait déjà rénové les toitures de leur maison ; le gîte a prolongé, à plus grande échelle, ce qu'il avait commencé chez eux. Et ici, tout est sorti de ses mains — absolument tout. De la charpente — dont il a taillé et assemblé les bois lui-même au sol, avant de la faire lever à la grue avec l'aide d'un ami — jusqu'aux meubles et aux peintures : tout est fait maison.

Esther est là à chaque étape — chef de chantier, dit Arnaud. Le style, les choix, la logistique, les idées — et les bras.

Les neuf derniers mois avant l'ouverture : une grossesse.

Premiers voyageurs : avril 2024. Trois semaines après la naissance de leur deuxième enfant.

La charpente bois du gîte fraîchement levée, structure apparente et matériaux de chantier au sol, en fin de journée
Entrée couverte du gîte L'Hospitalier avec charpente en bois taillée par Arnaud et abri voiture
Esther souriante en selfie, Arnaud en train de poser la plomberie derrière elle sur le chantier
Arnaud et sa fille sous la charpente du gîte pendant les travaux

Le nom

Un nom qui attendait

Quand vient le moment de nommer ce lieu, un seul nom s'impose.

À quinze minutes à pied, l'abbaye de Saint-Antoine-l'Abbaye garde le souvenir de l'ordre des Hospitaliers — ces moines soignants qui, depuis des siècles, accueillaient les pèlerins malades pour les guérir ou les accompagner. Recevoir, veiller, prendre soin : quelque chose de cet héritage traverse encore le village, et quelque chose de cette vocation habitait déjà le projet, avant même qu'on le sache destiné à l'accueil.

La visite théâtralisée sur la médecine médiévale prolonge ce lien entre histoire du soin et hospitalité.

L'Hospitalier. Le nom était là, et tout avec lui.

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